Le corps humain présente de nombreuses variations biologiques au cours de la journée, influençant des fonctions clés telles que le métabolisme des médicaments, la prolifération cellulaire ou l’activité immunitaire. Ces fluctuations peuvent modifier la manière dont un traitement est absorbé, distribué et toléré. Adapter le timing d’administration pourrait ainsi améliorer le rapport bénéfice/risque, sans modifier la molécule elle-même.
Des bases établies en oncologie
La chronothérapie s’est historiquement développée en oncologie, notamment avec certaines chimiothérapies. Plusieurs travaux ont montré qu’administrer des agents cytotoxiques à des horaires spécifiques permettait de réduire certaines toxicités, en particulier hématologiques ou digestives, tout en maintenant l’efficacité antitumorale. Malgré ces résultats, l’intégration de la chronothérapie dans la pratique clinique reste limitée, en raison de contraintes organisationnelles et d’une hétérogénéité interindividuelle marquée.Un nouvel enjeu à l’ère de l’immunothérapie
Avec l’essor de l’immunothérapie, l’intérêt pour le timing d’administration connaît un regain. Le système immunitaire n’est pas statique : son activation et son interaction avec la tumeur peuvent varier selon le moment de la journée. Dans ce contexte, plusieurs analyses récentes se sont penchées sur l’impact de l’heure d’administration des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, seuls ou en association avec la chimiothérapie.Des données cliniques émergentes suggèrent que le moment de perfusion pourrait influencer les résultats cliniques, notamment en termes de survie. Un essai randomisé présenté au congrès de l’ASCO 2025 a ainsi évalué l’impact de l’heure d’administration de l’immuno-chimiothérapie chez des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC), ouvrant la voie à une réflexion nouvelle sur l’optimisation temporelle des stratégies thérapeutiques.