L'oncologie entre de plus en plus dans le champ de l'ambulatoire. C'est ainsi que les parcours AKO@dom-PICTO ont été conçus en partenariat avec des experts scientifiques, l'URPS pharmaciens Grand Est, la société Continuum+ connect et l'association Patients en Réseau, dans le cadre de l'article 51.
Deux accompagnements personnalisés et complémentaires sont mis en place par le médecin prescripteur dans le cadre du suivi du traitement anticancéreux oral à domicile. Le protocole de suivi permet de relever des constantes cliniques, de repérer précocement et grader les effets indésirables, d'évaluer l'observance en s'appuyant soit sur des visites de l'infirmier au domicile soit sur des séances individuelles d'accompagnement thérapeutique par le pharmacien, chacun des soignants de ville recevant en amont une formation spécifique (classe thérapeutique, repérage et gestion des effets indésirables, posture éducative, solution digitale).
Ces deux parcours complémentaires sont intégrés dans une solution numérique de télésuivi, Continuum+, intégrée à Cureety. Selon l'étude médico-économique menée dans le cadre de l'évaluation du dispositif, 70 % des patients continuent de prendre leur traitement après 6 mois, à comparer à 60 % dans un groupe témoin bénéficiant d'une prise en charge conventionnelle. « Des résultats d'autant plus notables qu'ils s'appliquent à une population de patients particulièrement difficiles à embarquer car plus vulnérables et moins bien informés, souligne Laure Guéroult-Accolas, fondatrice et directrice générale de l'association Patients en Réseau. Grâce à cet accompagnement, la promesse thérapeutique est équitablement accessible géographiquement, quel que soit le type d'établissement hospitalier, et auprès de davantage de patients plus âgés, complexes et de milieux sociaux plus modestes. » Aussi, la détection précoce des effets indésirables et les échanges en temps réel avec le pharmacien d'officine ou l'infirmier libéral sur la plateforme permettent d'ajuster les traitements sans attendre les consultations à l'hôpital. Autre effet : la réduction de la durée des hospitalisations pour des évènements indésirables à 5 jours pour les patients inclus dans ces parcours versus 13 jours pour les autres. « Des toxicités sont évitées et des coûts sont évités pour la collectivité », se félicite-t-elle.
Un accompagnement plébiscité par les patients et les professionnels de santé
L'évaluation de cette expérimentation, présentée dans l'avis du Comité Technique de l'Innovation en Santé (CTIS), montre la satisfaction des patients. « Ils se sentent davantage en sécurité, rassurés, écoutés et moins isolés », estime la directrice générale de l'association de patients. La majorité d'entre eux estime que les parcours AKO@dom et PICTO ont permis d'améliorer leur qualité de vie. Les professionnels de santé soutiennent aussi cette initiative : 85 % d'entre eux considèrent qu'elle améliore la prise en charge des malades, renforce le lien ville-hôpital et évite des allers-retours inutiles des patients dans les établissements.
À l'issue de ces résultats favorables de cette expérimentation de trois ans dans 15 établissements de la région Grand Est, le CTIS et le Conseil Stratégique de l'Innovation en Santé (CSIS) ont rendu un avis favorable à la généralisation de l'expérimentation des parcours de soins AKO@dom et PICTO fin 2025. « Nous espérons que ces parcours aboutiront dans le droit commun pour déboucher sur une proposition actionnable en France, avec à la clé un remboursement. Mettre en place des parcours structurés qui favorisent la coordination, l'ouverture sur la ville et l'utilisation du digital est crucial pour détecter et mieux prendre en charge les patients, notamment sous thérapie orale », conclut Laure Guéroult-Accolas.