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ASCO GU 2026 — Brèves thérapeutiques - Cancer du rein & cancer de la vessie — Ce qu'il faut retenir

Publié le 18 mai 2026

ASCO GU 2026 — Brèves thérapeutiques - Cancer du rein & cancer de la vessie — Ce qu'il faut retenir

KEYNOTE-B15 : l'ère ADC-immunothérapie s'ouvre dans le MIBC éligible au cisplatine

Neoadjuvant and Adjuvant Enfortumab Vedotin Plus Pembrolizumab for Participants With Muscle-Invasive Bladder Cancer Who Are Eligible for Cisplatin — Phase 3 KEYNOTE-B15 (EV-304)

Matthew D. Galsky — ASCO GU 2026

Contexte

La prise en charge du MIBC (cancer de la vessie infiltrant le muscle) éligible au cisplatine reposait jusqu'ici sur la chimiothérapie néoadjuvante suivie de cystectomie, avec plusieurs enrichissements successifs : immunothérapie adjuvante par nivolumab, puis stratégie péri-opératoire combinée chimio-durvalumab validée par NIAGARA. En parallèle, l'association enfortumab vedotin (EV) + pembrolizumab s'est imposée au stade métastatique avant d'être évaluée en localisé chez les patients inéligibles au cisplatine (KEYNOTE-905). KEYNOTE-B15 confronte désormais frontalement ce duo ADC-immuno au standard de référence chez les patients éligibles.

Design & résultats

808 patients randomisés entre EV + pembrolizumab en péri-opératoire et cisplatine–gemcitabine néoadjuvant. Supériorité nette du bras expérimental sur tous les critères :

  • EFS : réduction de 47 % du risque de récidive ou décès (HR 0,53 ; p < 0,0001).

  • pCR : 55,8 % vs 32,5 % avec la chimiothérapie.

  • OS : bénéfice précoce et significatif, données encore en cours de maturation (HR 0,65 ; p = 0,0029).

Tolérance

Profil cohérent avec les données connues du couple EV–pembro (neuropathies, éruptions cutanées, hyperglycémie), mais 75,7 % d'EI de grade ≥ 3 sur une durée prolongée de traitement. Une surveillance rigoureuse des patients en situation curative indispensable.

À retenir

KEYNOTE-B15 marque un changement de paradigme dans le MIBC. En surpassant le standard historique chez les patients éligibles au cisplatine, EV + pembrolizumab s'affirme comme le nouveau socle péri-opératoire et pourrait unifier la prise en charge du MIBC, indépendamment de l'éligibilité à la chimiothérapie.

 

LITESPARK-022 : intensifier l'adjuvant par belzutifan — à quel prix ?

Adjuvant Pembrolizumab Plus Belzutifan Versus Pembrolizumab for Clear Cell Renal Cell Carcinoma — Phase 3 LITESPARK-022 (#LBA3)

Toni K. Choueiri — ASCO GU 2026

Contexte

Depuis KEYNOTE-564, le pembrolizumab adjuvant est le standard du ccRCC (carcinome du rein à cellules claires)  à haut risque de récidive. Pourtant, environ 35 % des patients récidivent ou décèdent dans les 5 ans post-néphrectomie. LITESPARK-022 évalue une stratégie d'intensification combinant inhibition immunologique (PD-1) et métabolique (HIF-2α), avec l'hypothèse d'une meilleure éradication des micrométastases résiduelles.

Design & résultats

Essai randomisé en double aveugle, 1 841 patients à risque intermédiaire-élevé ou élevé. Pembrolizumab + belzutifan vs pembrolizumab + placebo, près de 1 an de traitement. Après un suivi médian de 28,4 mois, le critère principal est atteint : DFS HR 0,72 (p = 0,0003), bénéfice cohérent dans les principaux sous-groupes.

Point de nuance sur le sous-groupe M1 NED : particulièrement favorable dans KEYNOTE-564 face au placebo, il ne dégage pas ici de signal aussi saillant. 

Tolérance, le vrai pivot

Augmentation substantielle des toxicités : 52,1 % d'EI ≥3 vs 30,2 %, 29,5 % d'EI graves vs 19,9 %. Les effets liés à l'inhibition de HIF-2α sont marqués : anémie chez 84 % (12 % de grade ≥3), hypoxie chez 7 %, parfois oxygénodépendante. 

À retenir

LITESPARK-022 démontre qu'une intensification adjuvante améliore la DFS, mais au prix d'une toxicité non négligeable dans une population potentiellement guérie. La maturation des données d'OS sera déterminante pour trancher sur la valeur clinique réelle de cette escalade.
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