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CBNPC : avancées majeures de l’immunothérapie et perspectives post-ESMO 2025

Publié le 12 nov. 2025

CBNPC : avancées majeures de l’immunothérapie et perspectives post-ESMO 2025

Le congrès ESMO 2025 a confirmé la place centrale de l’immunothérapie dans la prise en charge du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) métastatique, en particulier chez les patients exprimant fortement PD-L1. Le standard actuel repose sur le pembrolizumab, le cémiplimab ou l’atézolizumab en monothérapie lorsque l’expression de PD-L1 dépasse 50 %, ainsi que sur la chimio-immunothérapie selon les recommandations ESMO. Cette stratégie s’est construite sur les résultats historiques de l’étude KEYNOTE-024, dont les données actualisées à 10 ans ont été dévoilées cette année.

KEYNOTE-024 : la première démonstration d’un bénéfice durable à 10 ans

KEYNOTE-024 compare le pembrolizumab à la chimiothérapie en première ligne chez les patients PD-L1 ≥50 %. Si l’avantage en PFS médiane reste modeste (5,5 versus 7,7 mois), l’enjeu principal réside dans la profondeur et la durabilité des réponses immunologiques. À cinq ans, 13 % des patients restaient sans progression et 32 % étaient toujours vivants, ouvrant la voie à la notion de long-répondeurs en contexte métastatique.

Les données à 10 ans confirment cette tendance : 13 % des patients demeurent non-progresseurs sur le très long terme, 24 % sont vivants (34 % en survie spécifique au cancer), et les courbes de survie tendent vers une horizontalisation, traduisant la quasi-absence d’événements tardifs liés au cancer. Ces résultats soulignent non seulement l’efficacité durable du pembrolizumab, mais aussi l’importance croissante de la prise en charge des comorbidités chez les patients survivants à long terme.

Ivonecimab : une nouvelle génération d’immunothérapie bispécifique

Pour augmenter encore la proportion de patients répondeurs à long terme, l’une des pistes les plus prometteuses est l’ivonecimab, une immunothérapie bispécifique couplant un anti-VEGF et un anti-PD1. Le VEGF, au-delà de son rôle dans l’angiogénèse, favorise l’immunosuppression via l’augmentation des cellules T régulatrices et la diminution des lymphocytes CD8 activés. Le double ciblage de l’ivonecimab pourrait ainsi amplifer l’efficacité antitumorale.

L’étude HARMONY-2, menée en Chine, rapporte un hazard ratio de 0,46 chez les patients PD-L1 ≥50 % par rapport au pembrolizumab, indépendamment de l’histologie. La tolérance est dominée par des effets anti-angiogéniques (hypertension, protéinurie, événements hémorragiques), nécessitant une surveillance spécifique. Une étude internationale, HARMONY-7, compare actuellement l’ivonecimab au pembrolizumab dans cette même population.

Rylvegostomig : un nouvel acteur parmi les immunothérapies bispécifiques

Une autre approche émergente repose sur le Rylvegostomig, un anticorps bispécifique ciblant simultanément PD-1 et TGIT. Les données de l’étude ARTEMIS-01 montrent une activité particulièrement encourageante, avec une médiane de survie sans progression atteignant 21 mois chez les patients naïfs de toute immunothérapie ou chimiothérapie. Des essais sont d’ores et déjà disponibles pour permettre son accès en France.

Conclusion

Les données présentées à l’ESMO 2025 confirment l'impact majeur de l’immunothérapie dans le CBNPC métastatique et marquent une nouvelle étape avec l’émergence d’immunothérapies bispécifiques. Alors que le pembrolizumab continue de démontrer un bénéfice durable inédit à 10 ans, l’ivonecimab et le Rylvegostomig ouvrent la voie à une nouvelle génération d’approches plus puissantes et potentiellement plus larges en termes de patients répondeurs. Les prochaines années seront déterminantes pour savoir si ces innovations pourront redéfinir les standards thérapeutiques.
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