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Comment aborder les sujets tabous chez les hommes : sexualité, virilité

Publié le 8 sept. 2025

Comment aborder les sujets tabous chez les hommes : sexualité, virilité

La sexualité reste un sujet sensible, souvent relégué au second plan lors de la prise en charge des cancers, et particulièrement du cancer de la prostate. Pourtant l’intimité et la virilité sont au cœur de la qualité de vie des patients et de leurs partenaires.

Sexualité et intimité 

La sexualité ne se limite pas à l’acte physique. Elle englobe l’estime de soi, l’image corporelle, la relation aux autres et l’appréciation de la vie. L’intimité, quant à elle, traduit le lien affectif et le besoin d’aimer et d’être aimé. Ces dimensions, influencées par des facteurs sociaux, culturels et spirituels, sont bouleversées chez les patients atteints de cancer, notamment du fait de la maladie elle-même mais aussi des traitements.

Dans le cancer de la prostate, les conséquences sont multiples : troubles de l’éjaculation, douleurs pelviennes, incontinence, climacturie, dysfonction érectile, diminution du désir sexuel, dépression ou fatigue. Les traitements locaux (chirurgie, radiothérapie) comme l’hormonothérapie entraînent des séquelles physiques et psychologiques qui altèrent l’image de soi et la virilité.

Virilité mise à l’épreuve

L’hormonothérapie induit des modifications importantes : prise de poids, gynécomastie, perte de pilosité et de masse musculaire, troubles de l’humeur. Ces changements physiques fragilisent la confiance en soi et accentuent le sentiment de perte de masculinité. Plus de 40 % des patients sont en surpoids, et 70 % prennent en moyenne cinq kilos après un an de traitement. Ces transformations impactent directement la perception de la virilité et compliquent la relation de couple.

L’importance d’une prise en charge globale

Face à ces bouleversements, l’accompagnement doit débuter dès le diagnostic. L’activité physique régulière et un régime équilibré, de type méditerranéen, sont importants pour limiter la prise de poids et préserver l’image corporelle. L’andrologie et la sexologie jouent également un rôle clé : consultations spécialisées, thérapies médicamenteuses ou dispositifs d’aide érectile permettent d’adapter la vie sexuelle et de préserver une dimension érotique, malgré la maladie.

L’implication du partenaire est primordiale. Souvent, c’est la conjointe qui exprime en premier les difficultés (« il ne veut plus de moi »). Maintenir une communication ouverte, encourager l’imaginaire érotique et adapter les pratiques permet de conserver une intimité, même différente.

Briser le silence : un enjeu médical 

Malgré l’importance du sujet, la sexualité reste peu abordée en consultation. Selon les études, plus de 60 % des patients n’évoquent jamais la question avec leur médecin, et seuls 30 % des oncologues ou des patients l’abordent spontanément. Pourtant, la quasi-totalité des hommes traités pour un cancer de la prostate subissent des troubles sexuels.

Le tabou doit donc être levé. Les soins de support, inscrits dans les plans cancer, doivent inclure systématiquement la prise en charge de la sexualité, au même titre que la douleur, la nutrition ou le soutien psychologique. 

Vers une nouvelle culture de soins

La sexualité n’est pas un luxe secondaire, mais une composante fondamentale de la qualité de vie. Reconnaître son importance, ouvrir le dialogue et proposer un accompagnement adapté permettent aux patients de vivre mieux avec la maladie et de préserver leur dignité.

Il appartient aux soignants de créer un espace de parole sécurisant, de s’appuyer sur les outils existants et d’impliquer les partenaires. La lutte contre le cancer de la prostate ne se limite pas à contrôler la maladie : elle doit aussi restaurer confiance, estime de soi et intimité.

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