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ESMO 2025 – Cancers digestifs : entre nouveaux standards et signaux émergents

Publié le 11 déc. 2025

ESMO 2025 – Cancers digestifs : entre nouveaux standards et signaux émergents

Le congrès ESMO 2025 a apporté des données majeures en oncologie digestive, avec des avancées décisives dans certaines indications et des résultats négatifs riches d’enseignements dans d’autres. Plusieurs messages structurants se dégagent pour la pratique clinique.

Cancer de l’œsophage : prudence après radiochimiothérapie exclusive

L’essai de phase III SKYSCRAPER-07 évalue l’intérêt d’une immunothérapie d’entretien par atezolizumab avec ou sans tiragolumab après radiochimiothérapie exclusive chez des patients atteints de carcinome épidermoïde de l’œsophage non progressifs.Les résultats ne permettent pas de montrer que la bi-immunothérapie anti-TIGIT/anti-PD-L1 améliore la survie globale et la survie sans progression par rapport au placebo. Un signal favorable est observé avec l’atezolizumab seul, mais le plan statistique ne permet pas de conclure formellement.En pratique, la radiochimiothérapie exclusive reste le standard hors essai, tandis que l’immunothérapie concomitante demeure en cours d’évaluation dans plusieurs études de phase III.

Œsophage métastatique : pas de bénéfice aux stratégies intensifiées

L’étude LEAP-014, évalue l’effet de l’ajout du lenvatinib à la combinaison chimiothérapie–pembrolizumab en première ligne métastatique. Les résultats montrent q’aucun bénéfice de survie n’est démontré, avec une toxicité accrue observée. L’association anti-angiogénique–immunothérapie ne modifie donc pas la stratégie actuelle.

Adénocarcinomes gastriques et de la jonction : un nouveau standard validé

L’analyse finale de survie globale de l’essai MATTERHORN confirme le bénéfice significatif du schéma FLOT + durvalumab en péri-opératoire dans les adénocarcinomes gastriques et de la jonction œsogastrique résécables. Le gain en survie est observé quel que soit le statut PD-L1 ou ganglionnaire. FLOT + durvalumab s’impose comme le nouveau standard péri-opératoire pour ces patients.

Formes avancées : biomarqueurs et innovations sous surveillance

Le bemarituzumab (FGFR2b) confirme une activité biologique sans bénéfice clinique durable à suivi prolongé. À l’inverse, l’anticorps bispécifique anbenitamab (HER2) montre des résultats intéressants dans une étude chinoise, nécessitant toutefois une validation en population occidentale.

Côlon et pancréas : confirmations et espoirs

Dans le cancer colorectal, l’ADN tumoral circulant confirme sa valeur pronostique mais ne permet pas encore de guider de façon sécurisée la désescalade thérapeutique. Enfin, dans l’adénocarcinome pancréatique, les premiers inhibiteurs ciblant KRAS G12D affichent des taux de réponse prometteurs, laissant entrevoir une potentielle rupture thérapeutique.
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