La télésurveillance s’impose progressivement comme un outil indispensable en oncologie. Les études ont montré que les soignants tendent à sous-évaluer les symptômes rapportés par leurs patients, aussi bien en pratique clinique courante que dans les essais cliniques.
Une réponse à la sous-déclaration des symptômes
Les travaux au Princess Margaret Hospital démontrent que les cliniciens rapportent deux fois moins de symptômes que les patients eux-mêmes. Or, cette sous-déclaration entraîne un risque de complications, puisque des signaux précoces non pris en charge peuvent évoluer vers des effets indésirables graves.
La télésurveillance offre une réponse directe à ce problème. En permettant un suivi régulier des symptômes à domicile, elle favorise une détection précoce et donc une intervention rapide. L’étude CAPRI menée par l’IGR a montré qu’elle permettait de réduire de 25 % l’apparition d’effets indésirables graves.
Moins d’hospitalisations et une meilleure organisation des soins
Au-delà du bénéfice médical immédiat, la télésurveillance améliore aussi l’organisation des soins. Les patients suivis consultent moins souvent aux urgences, sont moins hospitalisés de manière imprévue et restent moins longtemps en hospitalisation de jour. L’impact est double : pour les patients, une meilleure qualité de vie et moins de stress lié à des complications soudaines ; pour les équipes médicales, une organisation plus fluide et moins de situations d’urgence à gérer.
Ces bénéfices ont été confirmés par l’étude STAR, qui montre également une amélioration notable de la qualité de vie mesurée par le score EQ5D. Contrairement aux patients suivis de façon traditionnelle, ceux bénéficiant de la télésurveillance maintiennent une qualité de vie stable au fil du temps.
Un outil adapté aux patients âgés
Une interrogation fréquente concerne l’adhésion des patients âgés à ces dispositifs. Des travaux publiés en 2024 dans The Lancet Regional Health démontrent que même les patients de plus de 65 ans – et jusqu’à 94 ans – adhèrent très bien à la télésurveillance. La seule différence réside dans le mode de réponse : les plus jeunes privilégient l’application mobile, tandis que les plus âgés utilisent davantage le site internet.
Les thérapies orales, un cas emblématique
Avec la montée en puissance des traitements oraux en oncologie, qui représentent déjà un quart des thérapies disponibles, la télésurveillance prend une dimension particulière. Ces traitements responsabilisent fortement le patient, mais comportent aussi le risque d’interruptions ou d’erreurs d’administration en cas d’effets secondaires mal gérés. La télésurveillance agit alors comme un « pilulier numérique intelligent » : elle rappelle la prise du traitement, mais alerte aussi l’équipe soignante en cas de problème, permettant une réaction rapide.