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Focus Innovation

Les anticorps bispécifiques dans le traitement des lymphomes non hodgkiniens

Publié le 28 sept. 2023

Les anticorps bispécifiques dans le traitement des lymphomes non hodgkiniens

Les anticorps bispécifiques constituent une immunothérapie de nouvelle génération au potentiel thérapeutique considérable. Ils représentent un traitement d’avenir pour certains lymphomes non hodgkiniens comme le lymphome B diffus à grands cellules. 

Leur mode d’action

Le mode d’action de ces anticorps bispécifiques consiste à renforcer la capacité du système immunitaire à détruire les cellules cancéreuses.

Alors que jusqu’à présent les anticorps monoclonaux étaient conçus pour se diriger vers une seule cible présente sur les cellules cancéreuses, les anticorps bispécifiques, eux, agissent sur deux cibles. 

Ils vont se lier à un récepteur présent sur les cellules cancéreuses mais aussi sur un récepteur porté par les cellules immunitaires, les lymphocytes T. Ces derniers vont être activés pour aller détruire les cellules cancéreuses.

Mais l’action des bispécifiques ne s’arrête pas là. Une fois que l’anticorps bispécifique est lié d’une part au lymphocyte, d’autre part à la cellule cancéreuse, il les rapproche l’une de l’autre et crée entre les deux une liaison moléculaire qui, par différents mécanismes, va entraîner la mort de la cellule cancéreuse. 

Ces anticorps bispécifiques ne vont donc pas pas cibler uniquement les cellules tumorales. Ils vont permettre d’activer les cellules du système immunitaire du patient pour les amener à détruire la tumeur.

Quels lymphomes sont concernés ?

Récemment deux bispécifiques ont reçu une autorisation d’accès précoce (AAP). Le Glofitamab, a obtenu cette autorisation le 13 juillet dernier et l’Epcoritamab le 4 septembre. 

Ces autorisations s’inscrivent toutes les deux dans le cadre du traitement des patients adultes atteints d’un lymphome diffus à grandes cellules B réfractaire ou en rechute, après au moins deux lignes de traitement systémique et inéligibles à l’ensemble des traitements disponibles ou en échec aux médicaments à base de cellules CAR-T.

Plusieurs essais cliniques en cours

Plusieurs anticorps bispécifiques sont en cours d’évaluation principalement dans le lymphome B diffus à grandes cellules, le lymphome folliculaire et le lymphome à cellules du manteau.

Dans le lymphome B diffus à grandes cellules, des essais de phase trois randomisés évaluent l’intérêt des bispécifiques par rapport à la chimiothérapie seule, dans le lymphome folliculaire d’autres essais évaluent une stratégie de développement sans chimiothérapie à partir d’anticorps bispécifiques combinés avec d'autres agents versus la chimiothérapie. 

À terme, ces nouveaux traitements devraient concerner tous les lymphomes à cellules B.

Effets indésirables et risque infectieux

Ces traitements sont plutôt bien tolérés même s’ils s’accompagnent d’effets indésirables plutôt modérés. 

Comme pour les traitements par CAR-T cells, un des effets secondaires fréquents rencontré est le Syndrome de Relargage de Cytokines (CRS) qui apparaît le plus souvent en début de traitement mais avec une incidence et une gravité moindre par rapport au traitement par CAR-T cells. Une prémédication est administrée afin de limiter les symptômes. Le CRS nécessite néanmoins une hospitalisation pour surveillance du patient.

Par ailleurs, il y a très peu de risque d’effets secondaires neurologiques. Pour le moment il s’agit surtout d’un risque théorique rarement rencontré chez les malades.

Les patients peuvent aussi développer des neutropénies. Le plus souvent elles ne sont pas très problématiques à gérer pour un hématologue qui a l'habitude de gérer ce type d’effet secondaire.

Enfin, il existe toujours le risque infectieux. Pour l’éviter le traitement par bispécifiques est associé à une prophylaxie classique. En parallèle, les patients sont surveillés très régulièrement et la moindre fièvre est prise une charge.

Une avancée importante

Ces traitements par anticorps bispécifiques représentent une nouvelle classe thérapeutique très prometteuse. Ils permettent d’avoir un traitement de troisième ligne en plus des CAR-T cell ou pour les personnes réfractaires ou en rechute. Jusqu’à présent il n’existait pas vraiment de solutions thérapeutiques pour ces patients. L’objectif maintenant est de pouvoir les proposer en deuxième ou première ligne. Par ailleurs, ces traitements sont plutôt bien tolérés, rapidement disponibles et facilement administrables.

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