De nouvelles pistes de traitement du cancer de l’endomètre, en particulier par immunothérapie, offrent des perspectives très encourageantes pour les prochaines années.
En mars dernier, des résultats très prometteurs ont été publiés. Ils concernent deux traitements par immunothérapie, le dostarlimab et le pembrolizumab. Le rôle de ces anticorps est de stimuler le système immunitaire anti-tumoral.
Une association chimiothérapie et immunothérapie
Deux essais cliniques de phase 3 ont comparé un traitement par chimiothérapie uniquement (associant carboplatine et paclitaxel) à un traitement associant une immunothérapie à cette chimiothérapie
Les résultats de ces deux essais ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques. En effet, ils ont montré un bénéfice important lors l’ajout de l’immunothérapie en particulier pour les patientes présentant la caractéristique biologique DMMR. Ces patientes représentent 30% des femmes atteintes par un cancer de l’endomètre.
Des résultats spectaculaires pour les patientes DMMR
Pour cette population, les résultats sont spectaculaires. Les taux de réponse sont non seulement très bons mais aussi prolongés dans le temps à tel point « qu’on peut même se demander si certaines patientes ne sont pas guéries » explique le Dr Thibault de La Motte Rouge.
Un accès précoce au dostarlimab devrait être ouvert dès le mois de novembre en France.
Par ailleurs, un essai clinique lancé en France est en cours pour comparer l’efficacité d’un traitement par chimiothérapie à un traitement par dostarlimab pour les patientes DMMR. « Ce serait un progrès indéniable de pouvoir éviter la chimiothérapie à des patientes » ajoute le Dr de La Motte Rouge.
Les anticorps-drogues conjugués
D’autres résultats très encourageants concernent les anticorps-drogues conjugués. Il s’agit de chimiothérapie vectorisée. Le principe est le suivant : un anticorps sur lequel sont placées des molécules de chimiothérapie va se fixer à la surface des cellules tumorales. L’anticorps délivre alors de la chimiothérapie de manière ciblée ce qui permet d’augmenter la concentration de chimiothérapie à l’intérieur de la tumeur.
Des essais cliniques sont actuellement en cours dans le cancer de l’endomètre mais ce traitement a déjà fait ses preuve dans le cancer du sein et de l’ovaire.
L’analyse moléculaire tumorale
Une troisième avancée représente un espoir important dans le traitement du cancer de l’endomètre. Il s‘agit des analyses moléculaires des tumeurs. Cette technique permet de déterminer les caractéristiques génétiques de la tumeur et donc de différencier les cancers de l’endomètre en plusieurs sous-types.
Grâce à cette nouvelle classification, les médecins vont pouvoir proposer des traitements adaptés à chaque sous-type de cancer de l’endomètre comme c’est déjà le cas pour le cancer du sein. Les traitements seront mieux adaptés à chaque type de cancer pour une meilleure efficacité.