Le burn-out chez les professionnels de santé, et en particulier chez les oncologues, est une problématique de plus en plus préoccupante. Selon les résultats de trois enquêtes menées par le Resilience Task Force (RTF) de l’European Society for Medical Oncology (ESMO) , le mal-être et l'épuisement professionnel ont atteint des niveaux alarmants. Ce constat est particulièrement notable chez les jeunes médecins et les femmes.
Un constat alarmant
Lors du congrès annuel de l'ESMO, tenu en septembre 2024 à Barcelone, l'organisation a alerté sur la hausse des cas de burn-out parmi les oncologues. Les chiffres sont frappants : jusqu'à 57 % des oncologues ont signalé des symptômes de burn-out. Ce pourcentage est encore plus élevé chez les femmes et les professionnels de moins de 40 ans. Les résultats d'enquêtes menées durant la pandémie de COVID-19 confirment ces statistiques. Au cours de cette période, le stress des oncologues a considérablement augmenté en raison de l'afflux de patients et des nouveaux défis thérapeutiques.Les facteurs de risque sont nombreux et incluent une surcharge de travail due à la montée des cas de cancer, l'insuffisance de personnel et l'expansion rapide des connaissances oncologiques. Par ailleurs, le déséquilibre entre vie professionnelle et personnelle est un facteur récurrent dans la génération actuelle des oncologues, qui aspire à une meilleure qualité de vie.
Les recommandations de l'ESMO
Face à cette crise, l’ESMO a formulé une série de recommandations visant à améliorer le bien-être des professionnels de santé en oncologie. Ces recommandations sont regroupées en trois grands axes :Information et formation :
De plus, l’ESMO encourage le recours à des stratégies virtuelles pour permettre plus de flexibilité dans l’organisation du travail, notamment via des formations en ligne, des webinaires et des séances de mentorat à distance.
Ressources pour préserver la santé mentale et physique :
Il est également essentiel d’investir dans le recrutement de nouveaux professionnels pour alléger la pression sur les équipes existantes, tout en veillant à la rétention du personnel actuel.
Activisme et défense du bien-être des professionnels :
Vers une oncologie plus humaine
Ces recommandations ne visent pas seulement à améliorer le quotidien des professionnels de santé, mais aussi à garantir la qualité des soins prodigués aux patients. En effet, un oncologue en bonne santé mentale et physique est plus apte à offrir des soins de qualité et à prendre des décisions optimales pour ses patients.L’ESMO souligne également le risque d’un exode médical des professionnels des pays à faible revenu vers les régions plus prospères, un phénomène qui pourrait aggraver la situation des systèmes de santé déjà fragilisés dans certaines parties du monde.