Le point de vue de l'expert
MOVEMBER : mois de sensibilisation de la santé des hommes
Publié le 24 nov. 2022
Le Movember est le mois de sensibilisation de la santé des hommes. Il regroupe quatre grands sujets : le cancer de la prostate, le cancer des testicules, la santé mentale et la prévention du suicide.
Cancer de la prostate
En 2018, le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme en France et représente 25 % des cas. Malgré une incidence élevée, c’est un cancer de bon pronostic avec une survie standardisée de 93% à 5 ans. Il reste cependant au 3ème rang de la mortalité par cancer en 2018 en France avec 8 100 décès.
Très rare avant 50 ans, c’est un cancer présent majoritairement chez les hommes âgés avec un âge médian au diagnostic de 68 ans. L’âge est donc un des facteurs de risque les plus importants, le risque étant de plus de 40% après 75 ans et de plus de 50% après 80 ans. Cela peut notamment s’expliquer par une évolution tumorale lente.
Il existe d’autres facteurs de risque tels que la taille de l’individu à l’âge adulte, la mutation des gènes HOXB13 et BRCA2, des antécédents familiaux, l’origine ethnique (les populations d’origine d’Afrique subsaharienne et des Antilles sont plus à risque) et le surpoids/l’obésité.
Il n’existe actuellement aucun dépistage systématique du cancer de la prostate, il se défini donc au cas par cas et repose notamment sur deux examens :
• Le toucher rectal : le médecin peut alors vérifier tout volume, consistance et texture anormale de la prostate. Il n’est efficace qu’en cas de tumeur palpable.
• Le dosage du PSA (Antigène Prostatique Spécifique) via une prise de sang : les PSA sont produits par la prostate et un taux anormalement élevé peut traduire la présence ou le développement d’un cancer (dans environ 30% des cas). Cependant d’autres maladies peuvent être à l’origine d’une élévation de PSA telles qu’une hypertrophie bégnine, une cystite…
Le manque de fiabilité de ces tests doit conduire à une vérification par biopsie en cas d’anomalie et de suspicion.
Bien qu’un cancer de la prostate soit identifié, celui-ci ne sera pas automatiquement soigné. En effet, c’est un cancer à évolution très lente. Certains cancers sont donc dits « latents » et ne deviendront agressifs que des années plus tard voire pas du tout. Identifier l’agressivité d’un cancer de la prostate est donc un enjeu majeur pour les oncologues, le traitement d’un patient avec un cancer latent pouvant entrainer des effets indésirables affectant sa qualité de vie.
Les effets indésirables les plus fréquents dans les traitements du cancer de la prostate sont le risque de dépression, des problèmes divers au niveau de la sexualité (par exemple difficulté d’éjaculation), des problèmes rhumatologiques tels que de l’ostéoporose, de la fatigue et des troubles digestifs.
Cancer du testicule
Le cancer du testicule a une incidence plutôt faible, avec 2 769 nouveaux cas en 2018 et est plutôt de bon pronostic avec une survie nette standardisée à 5 ans de 98% à 99% pour les formes localisées et supérieure à 70 % dans les cas métastatiques. En 2018, on dénombre 86 décès par cancer du testicule. Ce cancer touche principalement une catégorie d’homme assez jeune, 85% des hommes diagnostiqués ayant entre 15 et 49 ans.
Dans 98% des cas de cancer du testicule, les cellules germinales sont atteintes. Les tumeurs sont donc dites germinales et peuvent être classées dans deux catégories distinctes :
• Les tumeurs séminomateuses (59% des cas)
• Les tumeurs non séminomateuses et mixtes (39% des cas)
Il existe quelques facteurs de risque parmi lesquels on retrouve une cryptorchidie, des antécédents familiaux de 1er degré ou personnel de cancer du testicule, une atrophie testiculaire ou encore une infection au VIH.
Il n’existe pas de dépistage du cancer du testicule, celui-ci est généralement découvert fortuitement par autopalpation ou par un médecin lors d’un examen clinique. Il est donc important d’inciter les hommes à réaliser une autopalpation régulière.
Le cancer ne touchant qu’un seul des testicules dans 95% des cas, il n’existe pas de risque majeur pour la fertilité de l’homme, celle-ci étant retrouvée dans la majeur partie des cas après l’arrêt des traitements. Cependant un prélèvement de sperme peut être effectué par précaution avant le début de la prise en charge thérapeutique.
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