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Myélome multiple : les bispécifiques s'imposent dès la première rechute

Publié le 8 juil. 2026

Myélome multiple : les bispécifiques s'imposent dès la première rechute

Pendant longtemps, les anticorps bispécifiques sont restés une option de derniers recours dans le myélome multiple, réservée aux patients ayant épuisé la plupart des lignes thérapeutiques classiques. L'essai MonumenTAL-3, présenté au congrès EHA 2026 à Stockholm et publié simultanément dans le New England Journal of Medicine le 13 juin, teste cette classe bien plus tôt dans le parcours du patient, dès la première rechute.

Un essai international, positionné tôt dans la maladie

864 patients en rechute ou réfractaires ont été recrutés entre novembre 2022 et mars 2025, dans 182 centres répartis sur 18 pays, tous ayant reçu au moins une ligne de traitement antérieure. Trois groupes ont été comparés : talquetamab associé à daratumumab et pomalidomide, talquetamab associé à daratumumab seul, ou le traitement de référence daratumumab-pomalidomide-dexaméthasone. Le talquetamab cible à la fois la protéine GPRC5D des cellules plasmocytaires malignes et le récepteur CD3 des lymphocytes T, qu'il recrute directement contre la tumeur.

Des résultats nets, sur plusieurs critères à la fois

Après un suivi médian de 24,6 mois, la survie sans progression à 24 mois atteignait 81,3% et 77,6% avec les deux associations à base de talquetamab, contre 51,2% avec le traitement de référence, soit une réduction du risque de progression ou de décès de 72% et 67%. Les courbes se séparent dès les premiers mois de suivi, l'écart atteignant 30 points de pourcentage à 24 mois pour Tal-DP et 26,4 points pour Tal-D. Au moment du recueil des données, une progression ou un décès était survenu chez 48 patients sous Tal-DP, 57 sous Tal-D, contre 136 sous traitement de référence. Les taux de réponse complète ou mieux (71,1% et 69,0% contre 34,5%) et de réponse complète avec maladie résiduelle indétectable (52,3% et 46,3% contre 15,9%) confirment l'ampleur de l'écart. Un signal de survie globale favorable se dessine également, sans avoir encore atteint la significativité statistique prédéfinie à ce stade intermédiaire.

 

La survie sans progression (Mina R, et al. N Engl J Med. 2026)

Une tolérance à surveiller

Des événements indésirables graves sont survenus chez 63,0% et 52,6% des patients sous talquetamab, contre 53,7% sous traitement de référence. La neutropénie reste l'effet de grade 3-4 le plus fréquent. Les décès liés au traitement sont restés peu nombreux dans les trois groupes.

Et du côté de la France ?

Deux investigateurs français figurent parmi les auteurs : Pr Philippe Moreau (CHU de Nantes) et Pr Aurore Perrot (CHU de Toulouse), confirmant une participation active de centres français à ce recrutement international. Le talquetamab dispose déjà d'une autorisation européenne pour son usage en monothérapie chez des patients lourdement prétraités ; l'extension à cette combinaison précoce devra faire l'objet d'une nouvelle évaluation par l'Agence européenne du médicament avant mise à disposition en France dans cette indication.

 

Mina R, Beksac M, Rodríguez-Otero P, et al. Talquetamab-Daratumumab in Relapsed or Refractory Myeloma. N Engl J Med. 2026 Jun 13. doi: 10.1056/NEJMoa2604657.
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