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Octobre rose : nouveautés 2022

Publié le 21 oct. 2022

Octobre rose : nouveautés 2022

Octobre Rose est un mois de sensibilisation et de mobilisation sur les avancées thérapeutiques et le dépistage du cancer du sein.

Quelques chiffres :

En 2020, le cancer du sein fût responsable de 685 000 décès dans le monde avec une incidence de 2,26 millions nouveaux cas.

L’INCa estime que ces chiffres seront en augmentation en 2040, avec un nombre de décès à 1,04 million et un nombre de nouveaux cas à 3,19 millions.

En 2020, en France, plus de 58 000 personnes ont été diagnostiquées avec un cancer du sein et 14 000 décès ont été recensés. Il est le premier cancer en termes d’incidence et de mortalité chez la femme. Il touche 1 femme sur 8. Les hommes représentent moins de 1% des cas de cancers du sein.

Le stade de découverte du cancer joue un rôle important dans le choix du traitement et dans la survie des patients. L’étude réalisée à partir des registres des cancers du réseau Francim montre que :

  • • 59% des cancers du sein ont été diagnostiqués à un stade localisé

  • • 29% des cancers du sein ont été diagnostiqués à un stade avec extension régionale

  • • 12% des cancers du sein ont été diagnostiqués à un stade avancé

Un cancer du sein dépisté de façon précoce est guéri neuf fois sur dix. Le dépistage du cancer du sein est composé d’une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans. À partir de 25 ans, il est conseillé de réaliser une palpation des seins annuelle lors d’un examen gynécologique par un professionnel de santé.  En 2021, seule la moitié des femmes éligibles au dépistage annuel sont venues se faire dépister.

Il existe différents sous-types de cancer du sein :

Le cancer du sein hormonodépendant (RH+), exprimant les récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone. Ce sous type de cancer représente 60 % à 75 % des cas.

Le cancer du sein HER2 +, surexprimant le récepteur HER2, un récepteur à la tyrosine kinase transmembranaire. Sa présence participe au bon fonctionnement des cellules mammaires lors de la puberté et de la vie génitale. Ce sous type de cancer concerne 15 % à 30 % des cas.

Le cancer du sein triple négatif, se définissant par une absence d’expression des récepteurs hormonaux et une absence de surexpression du récepteur HER2. Ce sous type de cancer représente 10 % à 15 % des cas.

Identification des cancers du sein HER2 :

L’immunohistochimie (IHC) est la technique d’évaluation standard du statut des cancers du sein HER2 selon la recommandation de 2018 ASCO/CAP. Les résultats rendus sont binaires : positif/négatif.

Cependant, les résultats immunohistochimiques 2+ peuvent être différenciés suite à une amplification génique par hybridation in situ (HIS) permettant de différencier les scores en 2+ Amplifié et 2+ Non Amplifié et ainsi affiner la classification de la tumeur.

L’évaluation du statut des cancers du seins HER2 permet une adaptation du traitement. Il existe des schémas thérapeutiques pour les cancers HER2 positif (IHC 3+/2+ A). Les traitements proposés sont une chirurgie suivie d’une chimiothérapie adjuvante pour les tumeurs de moins de 20mm. Pour les tumeurs de plus de 20mm, une chimiothérapie néoadjuvante est réalisée suivie d’une chirurgie.

Depuis plusieurs années, l’utilisation d’anticorps monoclonaux ciblant HER2 sont utilisés en clinique, et plus récemment, des Anticorps conjugués à un médicament (ou ADC) ciblant HER2 sont également une option thérapeutique.

Fonctionnement d’un anticorps conjugué à un médicament :

Les ADC sont des anticorps liés à une molécule de chimiothérapie qui vont se fixer à la cellule tumorale via le récepteur exprimé.  Leur mode d’action consiste en une liaison entre le récepteur et l’anticorps qui provoque une internalisation du complexe, avec libération intracellulaire de la chimiothérapie. L’effet du traitement n’est pas lié à la quantité de récepteur exprimée à l’extérieur de la cellule mais à la cytotoxicité de la chimiothérapie d’où son effet sur les cellules cancéreuses ayant même une faible expression de HER2.

En effet, des études récentes montrent une possible utilisation des ADC dans le traitement des cancers du sein statut HER2 faible (IHC 1+/2+ NA), la surexpression du récepteur n’étant plus une condition sine qua non pour son efficacité. À titre d’exemple, l’étude clinique de phase I (DS8201-A-J101) a mesuré l’effet du trastuzumab-deruxtécan, ciblant la protéine HER2, sur des cellules cancéreuses avec un statut HER2 faible. Les résultats obtenus sont :

Une réponse globale de 44,2 % avec une durée de réponse de 9,4 mois avec un intervalle de 1,5 à 23,6 mois

Une survie sans progression médiane était de 7,6 mois avec un intervalle de 4,9 mois à 13,7 mois et un risque alpha à 5%

Il est à noter que HER2 n’est pas la seule cible des ADC. En effet, depuis le 2 septembre 2022, l’HAS a autorisé l’utilisation du sacituzumab-govitecan, un ADC ciblant la protéine Trop-2, en 3ème ligne pour des patientes atteintes d’un cancer triple négatif ayant reçu précédemment deux lignes de traitements systémique.

Ces nouvelles études tendent vers une prise en compte des statuts HER2 faibles dans la classification et un futur changement de paradigme dans le traitement.

Depuis octobre 2021, c’est 1 AMM, 1 extension d’AMM et 3 AAP qui ont été données à des anticancéreux dans le traitement du cancer du sein. Retrouvez prochainement plus d’informations sur ces derniers traitements dans notre rubrique actualité.

Le saviez-vous ?

Un moyen de diagnostic permettant de caractériser les cancers aux statuts HER2 faible a été évalué. Aux États-Unis, le Pathway test anti-HER2 (4B5) vient d’obtenir l’accord de la FDA. Il s'agit du seul diagnostic compagnon approuvé à ce jour par la FDA indiqué comme aide à l'évaluation du statut faible de HER2. Ce test Pathway anti-HER2 (4B5) a été utilisé dans le cadre de l'étude Destiny-Breast04.

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