Le cancer du col de l’utérus est responsable de 3 379 nouveaux cas et de 1 452 décès en France en 2020. On distingue deux types de carcinomes du col de l’utérus : les carcinomes épidermoïdes (85% des cas), qui se développent au niveau de l’exocol et les adénocarcinomes (15% des cas), qui se développent dans l’endocol.
Dans presque 100% des cas, le cancer du col de l’utérus est lié à une infection virale causée par le papillomavirus humain (HPV).
Depuis mai 2018, il existe un programme de dépistage organisé pour ce cancer. Deux types de tests sont réalisés selon la catégorie d’âge dont les modalités sont les suivantes : • De 25 à 29 ans : frottis avec examen cytologique tous les 3 ans (sous condition de deux premiers tests effectués à 1 an d’intervalle dont les résultats sont normaux) • De 30 à 65 ans : frottis avec test HPV, le premier test est à réaliser 3 ans après le dernier test cytologique puis tous les 5 ans si le premier test était négatif.
L’examen cytologique repose sur une observation microscopique des cellules prélevées afin d’éventuellement identifier des lésions pré-cancéreuses. Le test HPV est quant à lui un génotypage permettant de mettre en évidence la présence de papillomavirus et dans un second temps, si le résultat est positif, d’identifier la souche du virus. Un test HPV positif n’est cependant pas toujours synonyme de cancer. Près de 80% de la population (homme comme femme) sera infecté au cours de sa vie par un papillomavirus mais l’infection persistera dans seulement 10% des cas. De plus on distingue de nombreuses souches de HPV différentes associées à un risque carcinogène plus ou moins important : les HPV 16 et 18 sont les virus à plus haut risque et sont responsables à eux seuls de 80% des cancers du col de l’utérus.
La vaccination contre le HPV se fait chez les adolescents, filles comme garçons, selon un schéma vaccinal différent selon la catégorie d’âge. Elle est recommandée chez les jeunes femmes depuis 2006 en Europe et chez les jeunes hommes depuis 2021.
Depuis la mise sur le marché des différents vaccins contre le papillomavirus de nombreuses études ont prouvé l’efficacité et l’innocuité de ces vaccins.
Un vaccin quadrivalent (contre HPV16,18,6 et 11) a démontré une efficacité de 100% dans la réduction des lésions cervicales, vulvaires et vaginales chez plus de 17 600 femmes (Munoz N et al, 2010). Cette protection est, de plus, durable dans le temps avec une protection comprise entre 80 et 100%, 10 à 12 ans après la vaccination.
Deux études, réalisées dans des pays avec une fore couverture vaccinale, une en Suède avec un vaccin quadrivalent (Lei J. et al, 2020) et une au Royaume-Uni avec un vaccin bivalent (Falcaro M. et al, 2021), ont démontrées que la vaccination permettait de diminuer le risque de cancer du col de l’utérus. L’étude au Royaume-Uni montre que le risque d’avoir un cancer du col de l’utérus est diminué de 34% pour une vaccination entre 16 et 18 ans et de 87% pour une vaccination entre 12 et 13 ans.
Il a aussi été montré dans les deux études, que l’efficacité était inversement corrélée à l’âge, plus le sujet est vacciné tôt plus l’efficacité était importante. Dans l’étude suédoise l’incidence est de 4 cas de cancer du col de l’utérus pour 100 000 personnes pour une vaccination avant 17 ans contre 54 cas pour 100 000 personnes pour une vaccination à 17 ans. Cela est notamment dû à une réponse immune plus importante chez les jeunes et au fait qu’ils ne sont pas sexuellement actifs.
La couverture vaccinale française est encore assez faible, celle-ci variant entre 15 et 30% selon les années. Cependant il a été montré qu’un couverture vaccinale faible ne permet pas de bénéficier de l’immunité collective. Il est donc probable que l’efficacité de la vaccination en France devienne limitée dans les années à venir si la couverture vaccinale ne s’étend pas. Il est donc important, en ce mois de prévention des cancers gynécologiques, de promouvoir l’importance du dépistage et de la prévention.
Références :
- HAS
- Fondation ARC
- INCa
- Santé.gouv
- Munoz N., Kjaer S.K., Sigurdsson K., et al. Impact of human papillomavirus (HPV)-6/11/16/18 vaccine on all HPV-associated genital diseases in young women. J Natl Cancer Inst, 102 (5) (2010), pp. 325-33
- Pierre Couraget, Antoine Touzé. Vaccins et vaccination contre les papillomavirus. Revue Francophone des Laboratoires, Volume 2022, Issue 540, 2022, Pages 61-70.
- Lei J., Ploner A., Elfstrom K.M., et al. HPV Vaccination and the Risk of Invasive Cervical Cancer. N Engl J Med, 383 (14) (2020), pp. 1340-1348
- Falcaro M., Castañon A., Ndlela B., et al. The effects of the national HPV vaccination programme in England, U.K. on cervical cancer and grade 3 cervical intraepithelial neoplasia incidence: a register-based observational study.Lancet, 398 (10316) (2021), pp. 2084-2092