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Tolérance aux ADC dans le CBNPC : des différences selon le sexe

Publié le 23 juin 2026

Tolérance aux ADC dans le CBNPC : des différences selon le sexe

Une étude publiée dans ESMO Open met en évidence des différences significatives de tolérance aux anticorps conjugués (ADC) selon le sexe chez des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avancé.

Si les disparités hommes-femmes en matière de toxicité des thérapies anticancéreuses sont de mieux en mieux documentées, aucune donnée spécifique n'existait jusqu'ici concernant les ADC dans le CBNPC. C'est pour cette raison que l’équipe de Dr Parisi s’est intéressée à ces données à Gustave Roussy. 

Une cohorte représentative de la pratique des essais précoces

Cette étude rétrospective monocentrique a inclus 132 patients (48,5 % de femmes, 51,5 % d'hommes), sélectionnés parmi 200 screenés entre 2018 et 2023 dans le cadre d'essais de phase I-II. L'âge médian était de 60 ans. La quasi-totalité présentait un adénocarcinome pulmonaire métastatique, avec une médiane de 3 sites atteints à l'inclusion et 2 lignes de traitement antérieures. Les ADC étudiés ciblaient TROP2 (32,6 %), ITGB6 (31,8 %), HER2 (13,6 %), CEACAM5 (13,6 %), HER3, c-MET et la Nectine-4, avec une répartition équilibrée entre inhibiteurs de la topo-isomérase 1 (Topo1i) et MMAE.

Les femmes, plus exposées aux effets indésirables

Au total, 76 % des patients ont présenté un effet indésirable de grade ≥ 2. Les femmes étaient significativement plus touchées : 82,8 % d'entre elles ont développé au moins un événement indésirable de grade ≥ 2, contre 69,1 % des hommes (OR ajusté 2,8 ; IC95 % 1,03-7,84 ; p = 0,04). Le nombre médian d'effets indésirables par patiente était également plus élevé (2 vs 1 ; p = 0,04).

Les toxicités métaboliques se distinguaient particulièrement, avec une fréquence presque trois fois supérieure chez les femmes (29,7 % vs 10,3 % ; OR 3,68 ; p = 0,009). Les réductions de dose étaient elles aussi plus fréquentes (37,5 % vs 19,1 % ; OR 3,35 ; p = 0,02). Dans l'analyse par sous-groupe, les femmes recevant des ADC à base de Topo1i présentaient un taux significativement plus élevé d'effets indésirables de grade ≥ 3 (55,9 % vs 26,5 % ; OR 4,26 ; p = 0,04).

Des mécanismes biologiques à explorer

Ces résultats s'inscrivent dans un contexte plus large : une revue systématique publiée dans ESMO Open en décembre 2024 (Delahousse et al.) a identifié des différences pharmacocinétiques significatives pour au moins 14 agents anticancéreux, les femmes présentant une clairance réduite pour plusieurs d'entre eux. Des variations dans la composition corporelle, l'activité enzymatique hépatique, la clairance rénale et la réponse immune pourraient expliquer la plus grande vulnérabilité des femmes aux ADC.

En pratique

Ces données, bien que générées dans un contexte monocentrique et rétrospectif, invitent à intégrer le sexe biologique dans la surveillance des toxicités sous ADC, en particulier les signes métaboliques souvent sous-rapportés. Une stratification par sexe dans la conception des futurs essais précoces permettrait de mieux définir des seuils de tolérance adaptés.



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